La réalité c'est l'ennui. Le rêve, c'est l'évasion.
C'est si beau, quand on rêve. On se crée un monde idéal, où tout [nous] réussit. Où chacun de nos v½ux est exaucé. Et puis la réalité nous rattrape. On se rend compte que nos rêves enfantins ne deviendront jamais réalité. Chaque erreur nous éloigne de plus en plus de cet idéal. Et là, c'est l'ennui qui prend place. L'ennui dans une vie qui n'est pas la notre. Dans une vie qui aurait pu être meilleure. Et à force de trop rêver, les choix n'ont pas été les bons. Ils nous ont menés là où on ne se serait jamais vus.
Là où rien ne va. Là où on ne veut plus être.
Quand on commence à se rendre compte que ces rêves sont restés dans un coin de notre inconscient, et qu'il nous devient impossible de les atteindre, la réalité n'est plus que futilité. Elle nous paraît simple, inutile, ennuyante. Alors on cherche un moyen de retrouver ces désirs perdus, on cherche un moyen de les atteindre, voire de les réaliser.
Mais cela relève et relèvera toujours de l'impossible.
J'ai longtemps rêvé. A beaucoup de choses, certes. Et ces rêves auraient pu devenir réalité si...
Là est tout le problème. Si j'avais, j'aurai pu. Malheureusement, je n'ai pas, donc je n'ai pas pu. Et maintenant que la réalité a fini sa course avec mon âge, maintenant qu'elle m'a rattrapée, l'ennui n'en sort que plus fort. L'ennui m'a vaincue. L'envie n'est plus. Les rêves sont vains.
Alors oui, on pourrait dire que mes ailes sont brisées.